NSENENE PARADISE - Eugénie Baccot -

  • Escale à la Grange aux Belles

Vernissage jeudi 21 mars / 19h - 21h

Pendant la saison des pluies, Kampala, la capitale ougandaise, prend des allures lunaires. Les sauterelles, les nsenene en luganda, ont envahi les rues. Les planches de zinc et les fils mal raccordés dans les arrière-cours des maisons donnent à la ville des allures d’aéronef. Installés dans des bidons une fois le soleil couché, des pans de tôle de plusieurs mètres de haut forment des cages en plein air où les insectes se précipitent. Le courant qui alimente les puissantes ampoules vertes provient de raccordements illégaux au système électrique déjà bancal. Aveuglés, les chasseurs de sauterelles sortent leurs lunettes de soleil en pleine nuit. La lumière brûle. L’épaisse fumée émanant des brasiers étourdit les nsenene assommées en plein vol. Elles sont des milliers, des millions, à virevolter dans le ciel, cueillies encore vivantes par des chasseurs habiles prêts à passer la nuit dehors.
 
www.eugeniebaccot.com


A l’heure où le quidam peut s’improviser journaliste en témoignant sur le vif grâce à son smartphone, Escale à la Grange aux Belles souhaite réaffirmer le photojournalisme comme une pratique professionnelle. Notre mission est d’accompagner les professionnels de l’information qui ont une connaissance du terrain ainsi qu’une réelle maîtrise de la prise de vue et de l’écriture narrative : Escale s’engage depuis 7 ans à leurs côtés en leur proposant un espace d’exposition et d’expression.
Escale est un cycle annuel qui s’inscrit dans les valeurs de l’éducation populaire autour de la laïcité (choix des thématiques exposées), de l’engagement citoyen (débats, rencontres), de l’accès aux pratiques culturelles (rencontres avec les photographes programmés) et de la création artistique (ateliers photo). Il propose également des expositions dans des lycées partenaires et des rencontres avec les élèves autour du photojournalisme ainsi qu’une programmation de soirées débats avec des spécialistes des thématiques abordées dans les expositions (Accort, Emmaüs, Amnesty International, EHESS, Secours Catholique, CNRS, Fédération Nationale des Industries Chimiques…). 

Depuis sa création, Escale est devenu un rendez-vous incontournable pour les professionnels et les amateurs. Il a développé plusieurs partenariats – avec le festival « Circulation(s) » consacré à la jeune photographie européenne, avec les « Rencontres photographiques du 10ème » et avec « La petite Istanbul en fête ». Escale est également largement soutenu par les médias - presse spécialisée (Polka Magazine, Fisheye), presse généraliste (Soixante Quinze, Paris Match, Biba, Le Courrier de l’Atlas), sites spécialisés (L’œil de la Photographie, Onorient) et audiovisuel (émission « Maghreb Orient Express » sur TV5 Monde).
Parmi plus de 150 sujets soumis par les postulants pour cette édition, nous avons retenu sept points de vue sur un monde bouleversé, un monde inventant sans cesse de nouvelles inégalités, un monde qui subit ses propres excès, un monde où toutefois la vie subsiste et – même dans d’insurmontables difficultés – s’adapte.

Un monde de contrastes donc, où nous découvrons avec le travail de la photographe Stéphanie Buret, la ville de demain, numérique, sous haute-surveillance et ultra-sécurisée tandis que Benjamin Filarski explore les bas-fonds de Bombay. Là, les habitants sont parqués dans des ghettos dans l’indifférence générale des autorités, affirmation d’un énième « nouvel ordre mondial » où les êtres humains sont rangés dans des espaces sectorisés et cloisonnés.
Un monde où les changements climatiques menacent des peuples entiers. En Irak, Emilienne Malfatto suit depuis plusieurs années les arabes des Marais face à une crise de l’eau sans précédent… A la frontière turque de la Syrie, où des conflits incessants contraignent des milliers de personnes à l’exil, Antonin Weber observe la vie, qui par-delà la terreur, sait encore créer de la joie par la pratique artistique.
Un monde où les citoyens décident d’exprimer leur propre voix, d’inventer d’autres façons de s’informer, de témoigner des réalités que les grands médias taisent souvent : en attestent par exemple les ondes radiophoniques non-asservies d’un collectif argentin, photographié par Anita Pouchard-Serra.
Un monde enfin où les anciens et les jeunes partagent la joie d’être ensemble, sous un ciel protecteur et rassurant, comme une métaphore dont l’image sait encore émerveiller : le ciel ougandais photographié par Eugénie Baccot. 

 

Date: 

Du mardi 19 mars au vendredi 12 avril

Tarif: 

Entrée libre

Centre d'animation: 

Centre Paris Anim' Grange aux Belles, 6 rue Boy Zelenski, Paris 10